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TchatcheBlog: NOUVELLES

Catégorie : Tranche de Vie
Créé le :  16 sept. 2009 00h13 par sirconstance
Modifié le :  12 mai 2011 11h37
Visité :  153 fois Cette semaine :  3 fois

Description :
Nouvelles inspirées de faits parfois réels...


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Page 1 sur 2 (Total : 9 articles) - Inverser l'ordre des articles
SUBVERSION ET MAIN DE L’ETRANGER
Créé le : 12 mai 2011 11h37 Article posté par : Web

28 mars 2011 Rencontre Algérie-Maroc : l’Algérie 1-Maroc 0 But inscrit sur penalty La main de l’étranger aura été cette fois-ci bénéfique… En touchant le ballon dans sa surface de réparation, le joueur marocain a permis à notre plus stérile attaque depuis l’équipe du FLN d’inscrire le but salvateur sans lequel nous aurions encore vécu une nuit blanche, bleue, et peut-être rouge… Quand en Octobre 1988 nous avions défenestré le parti inique, nous nous attendions avec la fin du « big brother is watching you » à vivre enfin un peu plus libres, à pouvoir donner cours et corps à nos initiatives, loin de l’embrigadement forcé qui nous était imposé par des coordinateurs de kasma enturbannés et des mouhafedhs aux costumes trop bien repassés pour ne pas être de circonstance, à pouvoir libérer nos énergies éditoriales, artistiques, sportives… en n’ayant pas à montrer patte blanche aux censeurs de nos passions et de nos pulsions… ni de visa à nos directeurs de consciences imposés par une conception de la gouvernance qui réduit le peuple à un troupeau d’ovins à conduire vers les pâturages du progrès sans lui demander son avis… C’était compter sans les velléités latentes d’autres « embrigadeurs » qui ne pouvaient concevoir eux aussi « un peuple heureux, rotant tout seul dans sa mangeoire » (Léo Ferré) et, bien avant que le « pouvoir-régime-système » ne décidât de lâcher la bride au peuple, ils s’en sont venus installer leurs chapelles sur les terrains conquis par les titis d’Octobre. Deux chapelles opposées, construites en dehors de toute légalité, comme on érigerait des baraques de fortune sur quelque terrain vague… le 10 février 1989 dans un conclave identariste fut construite la 1ere chapelle et le 18 février 1989, dans une mosquée d’Alger fut construite la seconde … prenant de vitesse la Constitution du 23 février 1989 qui cadrait les « associations à caractère politique », deux formations (de combat) ont ouvert leurs bureaux de recrutement sur le champ d’une bataille qui ne leur devait absolument rien… la suite, on la connaît, dans toute sa tragédie. En Janvier 2011, le vent de révolte dirigé contre certains pays pour les besoins de certaines causes qui finiront bien par être connues déferla sur l’Algérie. La réaction des tenants du pouvoir, par intelligence, frilosité ou cynisme ont réussit à juguler la vague de fond qui, en d’autres lieux, désarticula des régimes plus solidement ancrés sur leurs socles. Saisissant l’opportunité au vol, les « embrigadeurs » d’hier vinrent une fois encore implanter leurs chapelles sur le théâtre des opérations, espérant tirer les dividendes de ces révoltes qui se décidèrent et se déclenchèrent à leur insu car il y’a bien longtemps que leurs mots d’ordre, dépassés par le temps, ont perdu leur crédibilité et donc leur force de mobilisation… Et aujourd’hui, comme des soldats usés par leurs défaites, on voit se déliter leurs troupes de samedi en samedi dans des petites marches juste bonnes à sauver la face et que le « pouvoir-régime-système » souhaite se renouveler afin que les « révoltés » de tous acabits soient convaincus des parties et des hommes qui se sont rendus experts es-récupération de toute révolte… Exploitant toute escarmouche, ils espéraient peut-être utiliser cette fois-ci aussi une simple défaite en football comme catalyseur à cette protesta décisive qu’ils attendent comme les sismologues attendent le Big One… Ils doivent aujourd’hui maudire cette main de l’étranger qui, pour une fois, ne favorisa pas la subversion… 
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TEMPS D AVRIL
Créé le : 10 avr. 2010 18h03 Article posté par : Web

TchatcheBlog: TEMPS D AVRIL
El Ftira, 11 jours de froid durant lesquels les femelles sangliers mettent bas... Berd Mahroum El Ham (le froid de l'interdit de chair). On dit que pendant ces journées d'Avril, les êtres vivants dont la chair est "haram" ressentent le froid au plus profond de... leur chair !... Ca va du sanglier au chat, du rat au chien et du singe à l'homme. Et Ftira est là. Elle a commencé depuis 5 ou 6 jours, une atmosphère insipide qui fait dire que le temps est malade "el waqt mridh". On appelle cela le "Timbou", un soleil indécis, une brume qui refuse de se dissiper et un crachin tenace. On dit que ce triste climat est propice à toutes les maladies des plantes et qu'il rend nerveux l'homme et la bête. La pluie qui l'accompagne est pourtant d'une grande utilité pour l'orge, le blé et l'avoine en début de "lactescence" mais aussi pour les arbres fruitiers en pleine remontée de sève. Elle est favorable à l'oliviers car elle descend le long des feuilles en les lavant pour mieux les laisser respirer et en drainant les poussières qui regorgent d'oligo-éléments vers les racines où elle s'insinue entièrement, sans se perdre en rigoles. Encore 5 ou 6 jours et Avril donnera la pleine mesure au printemps; il ne saurait se défaire de sa mission pour ne pas démentir cet adage du cru qui dit: "Maghress bou thloudj, yebrir bou l3asloudj" - toute traduction détruirait le charme de ce proverbe, alors je m'en abstiens...
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BOULEVERSEMENTS SOCIO-CULINAIRES
Créé le : 07 avr. 2010 18h32 Article posté par : Web

TchatcheBlog: BOULEVERSEMENTS SOCIO-CULINAIRES
La cuisine du cru est en train de subir des mutations dont personne ne peut mesurer l'ampleur ni les risques. Habituellement, les villageois se nourrissent de couscous, aux fêves vertes ou sèches, aux cardes, aux herbes (bsibsa, sella), aux raisins frais ou secs, au potiron, aux pois-chiches... jamais aux poissons comme ça se fait dans certaines regions du littoral et jamais à la viande sucrée comme ça se fait du côté de Djelfa ou Biskra... Ceci pour le dîner. Ce n'était peut-etre même pas un choix gastronomique délibéré mais une habitude dictée par l'instinct de survie, le couscous étant le plat le moins cher et peut-etre le plus nourrissant, mais aussi par d'autres considérations liées plus à la cohésion sociale qu'à l'estomc. L'habitude était si bien ancrée dans les moeurs qu'on parlait ça et là, avec une pointe de dérision, de "république couscoussière" un peu comme on parlait de "république bananière" pour un tout autre motif s'entend... Depuis que l'Etat et ses servants, plus enclins à servir les monopoles et le FMI que la canaille ont décidé de lever les mesures de soutien aux produits de première nécessité pour ne soutenir (et quel soutien !) que sucre et lait, la semoule est passée en 10 ans, de 70 à 1000 DA le sac de 25 kg... la poignée de couscous est devenue plus chère que n'importe quel autre volume d'un autre aliment... ajoutez à cela le prix de l'huile d'olive qui a allégrement sauté de 25 à 500 DA le litre et vous pourrez vous rendre compte sans être un ministre de l'économie ou de la solidarité que le couscous est devenu un repas de roi, pas celui de la plèbe... Le menu villageois est aujourd'hui bien plat... frites ou macaroni, bgoul ou chorba... c'est si insipide que le diner lui-même n'est plus ce moment de communion familliale autour d'une djefna mais un encas expédié debout et sans obligation d'horaire... ce qui occasionnera des dégats irréparables sur la cohésion familliale, l'esprit de fratrie, le dialogue des générations, la discipline de groupe et autres petites choses qui faisaient la grandeur de la famille... Le Couscous appelé "T3am" (nourriture) devrait changer de nom car il n'est plus "la nourriture" mais une nourriture... A SUIVRE
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LA FIN DU MONDE...
Créé le : 25 déc. 2009 14h35 Article posté par : Web
Tags associés : fin du mondenostradamusmayas
Les tablettes des prédicateurs Mayas et les quatrains de Nostradamus prédisent la fin du monde pour le 20 janvier 2012. Un astéroïde fou s’écraserait sur la terre, ce qui y détruirait toute forme de vie. Les scientifiques, toujours prudents devant l’inconnu, haussent les épaules et disent avec la même moue qu’ils adoptent devant l’effet de serre, les secousses telluriques ou les pathologies nouvelles : « tout est possible mais rien n’est certain ». Toutefois, ils ne trouvent pas la prédiction totalement farfelue puisque cette date correspond, selon leurs calculs, à l’apogée des éruptions solaires et donc au bombardement de notre petite terre par un rayonnement si intense qu’il pourrait déranger tout le système de télécommunications, bloquant les satellites et par voie de conséquence le téléphone, les radars, internet, les liaisons radios, les transports aériens, maritimes, terrestres, les approvisionnements etc. Les religieux de tous poils, la peur au ventre, lancent un holà scandalisé et des anathèmes enflammés contre ces mécréants qui osent déterminer une échéance fatale dont Dieu Seul détient le secret, mais jubilent derrière leurs barbes à l’idée des prosélytes que l’angoisse fera affluer par cohortes vers leurs temples rédempteurs … Les politiques se frottent les mains devant la possibilité de diversion que pareille annonce leur offre et peaufinent les lois les plus scélérates à enfiler en olives à la canaille qui ne fera plus attention aux bourbiers dans lesquels elle patauge car elle n’aura d’yeux que pour ce ciel qui va lui tomber sur la tête. Les marchands de mode se frottent les mains et les panses en préparant déjà les effigies, pin’s et autres gadgets à l’image des cavaliers de l’apocalypse. Bref, tout le monde trouve son compte dans cette annonce de la catastrophe ultime, tout le monde sauf Bacha le supporter. Bacha pense peut-être qu’il survivra jusqu’à l’arrivée à maturité des prochaines fèves vertes de ce printemps mais il doute fort qu’il mangera sa part de figues de barbarie en automne… non pas à cause des grippes aviaire ou porcine, asine ou caprine car il en a vu d’autres, du typhus au choléra, de la typhoïde à la tuberculose… Bacha le supporter craint plutôt la montée d’adrénaline qui l’assommera à Luanda et l’achèvera à coup sûr chez Mandela.
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LE RETRAITE ET LE BERGER
Créé le : 17 sept. 2009 08h45 Article posté par : Web

TchatcheBlog: LE RETRAITE ET LE BERGER

Naamane est un travailleur à l'ancienne; pas comme les tire-au-flanc d’aujourd’hui.

Naamane a un voisin, un gros épicier à la calvitie luisante, qui a accompli deux fois le pèlerinage aux lieux saints et ne désespère pas de l'accomplir encore deux autres fois pour , dit-il, éliminer les inévitables souillures du commerce... C'est un monsieur très à l'aise. Il est parti en France durant la guerre - d'aucuns disent qu'il s'est sauvé pour éviter les représailles du "Front" suite à son refus de participer au sciage des poteaux téléphoniques à l'issue duquel les soldats de l'armée française ont sévi au village durant dix journées successives, pillant, volant, violant, brûlant tout.

Il n'est rentré qu'après l'Indépendance et a ramené une Peugeot 404 toute déglinguée mais qui a néanmoins fait sensation dans tout le douar où n'existait pour tout véhicule que le vieil "Hotchkiss" au plateau en planches jointives de Si Hammid.

Naamane n'aimait pas beaucoup son voisin Selmane l'épicier. Il "mettait une pierre sur son coeur" pour éviter de répondre aux insinuations perfides que lui administrait Selmane comme s'il le pinçait, en lui serinant à longueur de temps la vanité et l'inutilité de son engagement avec le "Front".

"Tu tapais la pelle et le pioche pour survivre, aujourd'hui sans ta vache et l’aumône que te font parfois tes enfants, tu crèverais !..." lui disait-il souvent en se tapotant la panse.

Naamane s'obstine toujours, malgré son âge et les exigences, à conserver sa vache laitière qui lui donne bon an mal an une taure ou un taurillon tout juste suffisant à acquérir et emmagasiner le foin et la paille nécessaires à la période hivernale; et depuis que les ponts et chaussées et les chemins de fer lui ont refusé l'embauche pour son âge, il a fait des soins à sa vache sa principale occupation.

En ce petit matin d'août, il est sorti très tôt. Il a fait ses ablutions puis accompli sa prière et a mené sa vache paître dans la grande plaine derrière les collines. Au passage, il a vu son voisin Selmane monter sur le fourgon de transport de voyageurs peint en bleu blanc et rouge de Si Dahmane l'émigré qui s’évertue toujours à parler en français pour mieux impressionner ses passagers. Selmane allait régler aujourd'hui les questions encore en suspens de sa retraite.

Hier soir, sous l'olivier à palabres de derrière les maisons, Naamane et les autres: le grincheux Ammar Boubarnous, le rondouillard Laifa El Djezzar et le colérique Menaouar Erraï ont dû supporter les jubilations indécentes de Selmane.

"Ca y'est! leur avait-il dit; j'ai eu ma retraite de tante Fafa... 2000 Francs par mois ! Plus de deux de vos millions ya dine el bak !... pour seulement trois petites années chez Rhône-Poulenc (il disait Roun'boulène)...Je n'ai même pas besoin des 300 mille de votre caisse de retraite ! 300 mille pour 30 années à la tuilerie ! Yakhi T'meskhir yakhi...

Il regardait d'un sourire narquois le vieux Naamane qui jouait à faire des ronds sur la poussière avec un brin d'herbe.

"Vas voir tes Commissaires politiques ! vas leur dire de donner aux veuves de leurs compagnons d'armes seulement le tiers de ce que me donne Kamira ! Et vas donc demander aux "bandits chaussés" de te donner de quoi acheter une baguette par jour, toi qu'ils ont pressés comme un citron et qu'ils ont rejetés quand tu es devenu inutile...

Naamane, comme à son habitude, ne répondit à aucune attaque de Selmane.

Cette nuit là, il ne dormit point. Il revit en songe les épreuves qu'il avait subies et se remémora les privations qu'il avait endurées. Il revit Si Abdelkader le Commissaire taper affectueusement sur l'épaule de sa douce mère en lui disant: "Tu verras ya Yemma... Nous chasserons Fafa et tu t'habilleras de soie pour te reposer sur les terrasses en humant les odeurs du jasmin..."

Si Abdelkader était mort aux champs d'honneur comme on dit. Certains de ses compagnons d'armes sont toujours vivants, comme Si Larbi ou Si Tayeb. Ils se sont acoquinés avec cette fripouille de Boualem Bouchèche à qui ils auraient même débrouillé une attestation communale pour leur avoir procuré des devises de chez les renégats afin de s'acheter des voitures luisantes sur lesquelles ils passent en sortant le coude de la portière pour mieux narguer les pauvres gens.

Naamane conduisait sa vache vers les champs en lui administrant de petites tapes sur la croupe. Arrivé en haut de la colline, il vit au loin, en contrebas, le long tronçon de chemin de fer ondulant entre les jujubiers. Le train de marchandises de sept heures ne tarda pas à apparaître... Il glissait comme une anguille. Naamane s'accroupit et se mit à contempler la longue procession de wagons. Sa poitrine se gonfla d'une terrible fierté... Il se surprit à sourire sous sa moustache drue. Sa vache rua, meugla puis, levant la queue, elle courut vers la plaine presque en dansant. Sur l'olivier qui ployait sous les fruits pourtant encore tous petits, les moineaux se lancèrent dans un infernal gazouillis. La terre et le ciel s'étaient brusquement faits à portée de sa main. Il était devenu un géant, plus grand que l'olivier, plus grand que la colline, plus grand que la plaine, plus grand même que le Djurdjura emburnoussé de soyeux cumulus...

Quand vint le soir, la vache rentra toute seule à l'écurie.

Selmane, Ammar, Laïfa, Menaouar et tous les voisins passèrent une bonne partie de la nuit à le rechercher.

Ce n'est que le lendemain qu'on le retrouva. Il dormait sous l'olivier en regardant le ciel, les mains croisées sous la nuque, un sourire béat sur les lèvres.

Quand Selmane tenta de le réveiller, il recula horrifié. Naamane était raide et froid...

Selmane qui n'avait rien compris se tapota la panse et soupira: " le pauvre ! il est mort comme il a vécu, sans rien connaître des douceurs de la vie..."

D..., Septembre 1993


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